Le mouvement #metoo : une quête de la liberté ?

Cela fait un long moment que je n’ai pas écrit d’article consistant dont les enjeux ne peuvent être évoqués à la va-vite et l’élévation des voix qui a fait vibrer les dernières semaines semble être une occasion à ne pas manquer. De plus, en tant que blog ayant pour fil conducteur le féminisme, je ne peux en aucun cas me taire plus longtemps sur cette question qui anime les débats publiques, les mouvement #metoo (  » Moi aussi  » ) et #balancetonporc. Si j’ai mis autant de temps à écrire sur le sujet, ce n’est pas par manque d’arguments ou absence d’envie mais plus par peur de n’en dire pas assez, de mal m’exprimer ou de, tout simplement, reformuler de manière maladroite et incomplète les articles produits par les journalistes français.es et étranger.e.s . La peur de ne pas être à la hauteur de ce tournant historique dans l’histoire des femmes me paralyse véritablement mais le besoin et le devoir de m’exprimer là dessus sont beaucoup trop grands.

Pour commencer, rappelons ce qu’est ce mouvement. Comme l’indique la particule se trouvant devant l’expression, #metoo est un hashtag lancé sur les réseaux sociaux le 15 octobre 2017 par la productrice et actrice américaine Alyssa Milano ( je l’ai connu dans le rôle de Phoebe de la série Charmed) pour permettre aux femmes victimes de harcèlement ou d’agressions sexuelles de partager leur histoire et rompre ainsi le tabou qui recouvre le sujet. Le 13 octobre, c’était la journaliste française Sandra Muller qui, en réaction au scandale Weinstein, lançait le mot-clé #Balancetonporc sur Twitter. Susciter le débat est l’enjeu premier de ces initiatives, briser le silence pour faire changer les mentalités, pour faire évoluer la société.

La presse a largement participé dans la prise de masse du mouvement avec un véritable déferlement d’articles et de tribunes qui dans son rôle de quatrième pouvoir marque l’histoire. Courrier international a particulièrement bien su mettre la lumière sur le mouvement #metoo ( numéro 1421, du 25 au 31 janvier 2018 ), « Le combat ne fait que commencer« .

Ce qu’il faut retenir c’est la dimension mondiale que ces mouvements ont pris, par le biais des réseaux sociaux et des médias de toute nature,  mais également la dynamique, le processus qui en a découlé : la libération de la parole des femmes sur un sujet tabou, la mise en lumière de la banalisation et généralisation du harcèlement et des agressions sexuelle. C’est un véritable problème de société qui a été pointé du doigt : celui de croire et de penser ( consciemment ou non ) que le corps d’une femme est un objet qui peut être acquis, qui peut être conquis, que c’est une entité commune sur laquelle la femme n’a pas exclusivement la main mise. Cette problématique peut s’appliquer également dans de nombreux domaines à l’instar du débat sur l’avortement, sur la contraception, sur les injonctions vestimentaires, sur les stéréotypes de la beauté, la honte et le tabou des règles… la liste est encore longue. Je ne pense pas qu’il faille regarder cette « libération de la parole » comme un évènement indépendant du reste de l’actualité, il faut inclure et observer la dimension qu’a pris l’affaire Weinstein, la mot clé #balancetonporc, le mouvement #metoo dans la continuité historique de l’émancipation des femmes qui, globalement, ne cesse de progresser ( malgré du recul dans certains domaines, cela sera l’objet d’un prochain article) depuis le XX eme siècle.

Ces affaires et mouvements obligent la société à reconsidérer et interroger les rapports hommes-femmes en légitimant toujours plus la lutte féministe. Il est ici question de droits fondamentaux, de liberté. Si il est intéressant de se pencher sur les raisons et arguments des initiatrices de #metoo ou #balancetonporc, l’observation des réactions des détracteurs et détractrices est tout aussi pertinente. Les termes de « diffamation », de « lynchage virtuel », de « violence symbolique » furent utilisés par ces non-partisan.ne.s pour condamner ce qui fut présenté par le mensuel Courrier international comme un tournant historique. Je trouve que ces réactions sont la démonstration même de ce qui est, au final, dénoncé. La dénonciation des faits choque plus que les faits eux-même. N’est-ce pas révoltant ?

Les propos dénoncés sont souvent couverts sous les termes de « goujaterie », de manque de « tact », de « lourdeur », de comportement « limite », de « maladresse ». Un ensemble d’expressions qui amenuisent l’impact, la portée des actes et propos tenus et qui incitent ainsi à s’interroger toujours plus sur l’égalité des sexes dans notre société qui semble pourtant si fière de sa quête perpétuelle de progrès.

De plus, le problème c’est qu’il existe dans les esprits une grande confusion entre la séduction ( le flirt, la drague ) et le harcèlement ( et l’agression ). Il serait bien facile de ma part de rejeter la faute sur la société mais c’est bien de cela dont il est question. Le sexisme n’est pas un fait inévitable, et le combattre permet d’envisager un avenir tout autre pour les générations à venir. L’éducation est une des clés, l’évolution des mœurs et valeurs en dépend. Condamner inlassablement ce qui est dénoncé au travers des mouvements cités précédemment nous rend acteurs et actrices d’un tournant, d’un changement sociétal nécessaire.

« Le présent n’est pas un passé en puissance, il est le moment du choix et de l’action. »

Simone de Beauvoir

 

 


 

 

 

 

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2 Replies to “Le mouvement #metoo : une quête de la liberté ?”

  1. très bon article, merci.

  2. Je découvre ton blog, et c’est toujours chouette d’être en réseau avec des blogs engagés ! j’aime d’ailleurs beaucoup ta bannière 🙂

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