L’IVG – Un combat non achevé

Mercredi matin je me suis levée tard. La motivation manquante, j’ai largement trainé et mis un certain temps avant de finir mon café. Alors, j’ai voulu regarder les dessins animés ( et oui je suis encore un peu une enfant quand même .. ) mais en changeant de chaines je suis tombée sur Public Sénat ( la 13). Ce n’est pas une programmation très attrayante, voir même un peu ennuyante. Mais le petit bandeau noir en bas de l’écran m’a tout de suite attiré : il désignait le thème de la séance, qui fut sur l’extension du délit d’entrave à l’Intervention Volontaire de Grossesse ( tu peux visionner la séance en cliquant ici ).  Jeudi matin, les réseaux sociaux ont largement relayé cette information, celle qui dit haut et fort que cette proposition de loi est définitivement adoptée ! Évidemment, une telle décision a suscité de nombreuses réactions, des plus positives (dont la mienne !) aux plus négatives qui ont pour argument majeur une atteinte sévère à la liberté d’expression et d’opinion. Alors, ai-je le droit d’exposer mon avis ?  Après avoir suivis les débats et écouté les différents arguments favorable ou défavorable,  j’estime que je suis en capacité d’exposer le comment du pourquoi.

Une séance au Sénat se déroule en 3 temps : il y a tout d’abord la discussion générale, la discussion des articles et enfin le vote du texte. L’étape qui m’intéresse ici c’est la première, où le texte à l’ordre du jour est présenté à la manière d’une longue introduction ! Suite à ça des individus interviennent comme la représentante du gouvernement Laurence Rossignol ( ministre des familles de l’enfance et des droits des femmes ) ou  les rapporteurs des commissions concernées tel que ce fut le cas mardi matin avec Stéphanie Riocreux, (rapporteure de la commission des affaires sociales ) et enfin les orateurs préalablement inscrits. Les orateurs, de différents partis politiques et d’opinions divergentes, sont là pour exposer leur vision de la proposition de loi qui est faite, pour donner l’orientation de leur vote, pour ou contre, et en expliquer les raisons.

Donc comme je l’ai dit au début la ministre concernée, (Laurence Rossignol ) s’est exprimée sur cette proposition de loi pour laquelle elle fut grandement favorable en rappelant la nécessité de garantir aux femmes la pleine liberté de leur corps, de » garantir ce droit fondamental de choisir le moment de leur maternité », j’aimerais rajouter que ce « moment » n’a pas l’obligation d’exister dans la vie d’une femme, devenir mère ( quelque soit le moyen ) n’est en aucun cas une obligation et fait partie intégrante de ce choix rendue possible par la contraception (la loi Neuwirth qui autorise la contraception, est adoptée à l’Assemblée en décembre 1967 ) et l’IVG ( loi Veil de 1975 ) mais également dans l’autre sens ( pour devenir mère ) par l’adoption ou l’aide médicale. Ainsi, la ministre a rappelé l’objectif premier de cette proposition : garantir l’accès aux droits. Mais contre quoi faudrait il le garantir, le renforcer ? C’est bien ici tout l’enjeu du débat ! Pour faire un point historique, en 1975, Simone Veil faisait adopter par l’Assemblée sa loi dépénalisant l’avortement en France et depuis le texte ne cesse de connaître des modifications visant à le renforcer. Notamment en 1982 par une loi instaurant son remboursement à 80% mais aussi en 1993 par la loi Neiertz qui réprime le délit d’entrave à l’IVG.

C’est de cette loi dont il est question aujourd’hui : la renforcer et l’étendre à internet pour la faire correspondre à l’air du temps, pour lutter contre les sites anti-IVG ( « pro-life ») qui présenteraient des informations fausses ( de la désinformation donc ) , des indications mensongères dans un but dissuasif. C’est sur cette notion de « mensonge », de « tromperie » que l’État veut accentuer de manière à empêcher toute influence, négative ou positive,  sur une femme faisant face à ce choix, pour justement lui laisser, lui garantir son CHOIX. Par curiosité j’ai justement été sur un de ces sites. D’une première apparence neutre, tout semble correspondre à une véritable organisation pouvant t’orienter de manière objective, te présenter les différentes options qui te sont possibles. Cependant, en regardant de plus près, ce n’est pas le cas. En bas de la page d’accueil, des témoignages écrits, je ne remets pas en cause leur véracité, de femmes ayant eu recours à l’avortement s’enchainent, tous plus horribles les uns que les autres. Des témoignages qui, même pour celles qui ne sont actuellement pas concernées par cette situation comme je le suis, font peur et culpabiliser.Il présente également des arguments, d’origine religieuse ou en s’appuyant sur une conception de la famille à mon sens moyenâgeuse, pour dissuader les lecteurs. Mon choix n’est alors plus ce qu’il EST, ce qu’il DEVRAIT, ce qu’il DOIT être. Les opposants à cette nouvelle proposition de loi ont pour argument le liberticide ( ce qui détruit la liberté ), l’atteinte à la liberté d’expression et d’opinion. Or, comme la si bien dit la ministre Laurence Rossignol, « chacun est et reste libre d’affirmer son hostilité à l’avortement sur internet ou ailleurs […] à condition de le faire en toute honnêteté car la liberté d’expression ne peut se confondre avec la manipulation des esprits, la liberté d’opinion n’est pas le droit au mensonge, tromper délibérément […] ne saurait donc être toléré ». 

Pour poursuivre, lors de cette séance de multiples orateurs se sont exprimés dont Laurence Cohen. Cette dernière, sénatrice du Val de Marne et membre de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, a rappelé les évolutions que la loi Veil de 1975 a connu jusqu’à aujourd’hui, mais également elle a ravivé la mémoire du combat pour arriver à obtenir ce droit en citant les luttes féministes et la détermination de Simone Veil. Un droit qui malgré ses avancés, a connu des  « attaques » et des remises en question, dont nous pouvons voir encore aujourd’hui les signes à l’échelle internationale avec par exemple une remise en cause  de ce droit à l’IVG en Espagne ( 2014), en Pologne ou encore aux USA avec les mesures de D.Trump, notamment la signature d’un décret interdisant le financement d’organisations non gouvernementales internationales qui soutiendraient l’avortement, organisations qui permettent ( oui je sais j’insiste encore mais c’est fait exprès ) de laisser le CHOIX aux femmes. Elle fait aussi un parallèle pour montrer l’opposition qui existe face à ce phénomène de régression sociétale en évoquant la marche de protestations – the Women’s March – qui s’est constituée dans de nombreuses villes aux États Unis mais également dans d’autres parties du globe en soutient ( j’ai fait un article sur ce sujet si cela t’intéresse, clique ici ! ). « Il est indispensable de transformer le droit en l’avortement en un droit inaliénable » a t’elle dit.

Alors oui, cet article est parfaitement orienté, je suis à 1000% pour cette extension qui garantit à chacune des femmes d’avoir le CHOIX, quel que soit son âge, ses origines, ses croyances ou son athéisme, sa culture, sa situation personnelle et professionnelle, son orientation sexuelle, toutes les femmes doivent être LIBRES. J’aimerais conclure cet article avec la réaction du magazine Causette sur le réseau social Twitter suite à l’adoption de cette proposition de loi,   » Champagne ! » !

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5 Commentaires

  1. Je n’ai rien à rajouter et même je valide !
    Défendons plus que jamais  » LES DROITS DE LA FEMME »
    et comme j’ai aussi Causette comme référence je dis  » Champagne » !!
    (même si je n’en bois pas , suis pas marrante comme fille ! )

  2. Hello,
    Je viens de découvrir ton blog et je trouve ton article très intéressant, très bien construit et très clair. Et je rajouterai juste qu’il ne faut pas laisser les autres décider de ce qu’il y a ou qu’il n’y a pas dans notre utérus 😉

    1. Merci pour ta lecture et ton commentaire ! Exactement, tout devrait dépendre exclusivement de notre propre choix. En espérant te revoir sur le blog ! Cathy

  3. Hello ! Je dévoure ton blog et je trouve ton article très bien ecrit et criant de sincérité.
    On devrait etre bien plus entendue et soutenue lors de ces démarches au combien regardé , mal comprise ou encore jugé !

    1. Merci beaucoup ! Je suis heureuse que mes convictions et ma sincérité arrivent à transparaitre au travers de mes mots. Je suis tout à fait d’accord avec toi ! A très vite, je l’espère. Cathy

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