Chicago, le Jazz et les années 1940

Tu peux écouter la version audio de l’article, pardon pour la qualité de ma voix, de ma difficulté à m’exprimer. C’est la première fois et c’est un grand défi. Vous pouvez aussi bien lire et écouter l’article en même temps, seulement écouter la version audio ou encore vous concentrer uniquement sur la version écrite. Quoi qu’il en soit, bon article !PS : oui.. j’ai une voix de bébé, désolé.

Chicago, le jazz et les années 40

J’aime la musique. Je l’aime dans ses tonalités les plus graves et dans ses crissements les plus aigus. Je ne pense pas que je pourrais me passer, ne serait ce le temps d’une journée, d’appuyer sur le bouton play. Qu’elle provienne de mon téléphone, d’une chaîne hifi ou bien d’un instruments à proximité, peu m’importe, elle me reste essentielle. Enfin, finalement je ne sais pas si dire que la source m’importe peu serait juste : j’ai eu un tourne disque comme cadeau de Noël.

L’acquisition de ce fabuleux objet n’a pas été motivé et soufflé par une quelconque vague de mode, un soudain retour à la modernité de ce support. Il y a toujours eu chez un de mes cousins, un tourne disque, dans une petite pièce où s’entasse des montagnes de bouquins et des dizaines de vinyles. J’aime cet endroit, me mettre sur la pointe des pieds sur le plancher en bois pour observer le contenu de la bibliothèque et faire courir mes doigts le long des pochettes de 33, de 45 tours.

Choisir le bon disque, le sortir de son étui et le poser sur la platine.

Attendre quelques secondes, se concentrer et déplacer le diamant sur la piste. Le disque se met à tourner, un petit grésillement résonne dans la pièce et après quelques secondes les premières notes se font entendre. A la manière d’une recette magique, ce rituel me tient à cœur. Ce format est à mes yeux une des plus belles formes de la musique. Mis à part celle qui sort directement des instruments et des individus, c’est incroyable de voir et d’entendre le produit de ces petites rainures le long de la surface noire. Quand je lance le tourne disque, j’ai le sentiment d’être présente au moment de l’enregistrement, je ressens et j’entends les vibrations et les grésillements, et pour une fois je ne fais rien d’autre à part écouter, me concentrer sur les sonorités et les nuances du disque que je viens de lancer. Certains artistes, certaines œuvres méritent, à mes yeux, plus que d’autres d’être découvertes sous ce format.

Avec la platine, j’ai eu des disques. Selon mon avis qui est tout à fait subjectif, tous les styles de musique n’ont pas nécessairement besoin d’être écoutés sous cette forme ci. Mais eux, oui : la pop-rock anglaise et le jazz.

J’ai toujours eu un horizon musical très large constitué aussi bien de « classiques » de la chanson française comme Goldman et Cabrel, de jazz et de blues de Nina Simone, Sidney Bechet et Armstrong , de pop avec Mika, du funk rock des Red hot Chili Peppers, de l’Opéra avec la Flûte enchantée de Mozart, les musiques celtes de Celkilt, de la musique classique avec le canon de Pachelbel et le rock de Oasis et Téléphone.

Aujourd’hui cependant, ils ne sont pas tous présents. Une sélection bien ciblée qui je l’espère produira chez vous quelques frissons. Ce sont mes classiques, mes indispensables, ceux qui m’emportent dans des danses infinies et dont les notes ne se tairont jamais. Alors, il tourne, il tourne, il tourne.

Tout d’abord il y a les compilations. Un fourre-tout magique où des pépites plus ou moins brillantes se laissent amadouer et découvrir. Ce format est idéal pour les personnes qui se lassent rapidement d’un son, d’une mélodie. C’est varié et les découvertes n’en sont que démultipliées. Cette après midi, il pleuvait. Assise sur mon lit en train de réviser, j’ai pu laisser défiler les titres en ne retournant que de temps en temps les faces. Cette compilation magique a pour simple nom  » Rhythm&Blues, Basics ». Contenue sur 3 supports, c’est une sélection particulièrement rythmée qui nous plonge au cœur des années 1940, 1950 dans une Amérique aux 1000 couleurs malgré le contexte particulièrement difficile de la Ségrégation raciale.

Une rapide mise en contexte

Imagine toi la scène, ferme les yeux. Tu te trouves dans le Chicago des années 1940 devenu en ce début de XXeme siècle l’un des berceaux du jazz. Ce nouveau genre musical a émergé à la suite de la venue de musiciens afro-americain en raison de la fermeture de « Storyville », le quartier des spectacles de La Nouvelle-Orléans. Ce décret a déclenché un important mouvement d’arrivée de musiciens dans la ville. Agé(e) d’une vingtaine d’années, le travail te fatigue mais tu es jeune, tu veux vivre. Tu aimes ce son, il t’anime et te bouscule. C’est un mélange incroyable d’éléments de jazz, de gospel et de blues et c’est pour cette recette magique que tu te rends ce soir au Friar’s Inn, un club de jazz du début des années 20 situé dans un sous-sol mal éclairé du secteur communautaire du Loop à Chicago. Deux groupes locaux récemment formés sont présent ce soir. Ce n’est pas une « représentation », avec ce type de musique ça ne l’est jamais. Les musiciens ne sont pas là POUR nous, ils sont ici AVEC nous.

Sincèrement je ne sais pas quels groupes pouvaient bien être présents, alors, je t’invite à me suivre dans mon imagination. Dans mon club de Jazz parfait, dans celui ci précisément, il y aurait celle qui pour moi représente beaucoup, mon amour pour sa musique et mes convictions féministes me poussent à la placer en haut de la liste : Nina Simone. Je la trouve fascinante, forte et enivrante.

Bien évidement il y aurait l’indémodable Feeling Good et son sublime standard du gospel américain He’s got the whole world in his hand. Derrière cette grande Dame, j’aimerais entendre Ain’t no mountain high enough de Marvin Gaye et Tammi Terrell. En l’entendant l’autre jour je n’ai pas pu m’empêcher de tournoyer quelques fois au beau milieu de ma chambre, peu importe l’humeur de ma journée ce fut une parenthèse incroyable pleine de vie et d’espoir. J’ajouterai également du Ray Charles. Il y a deux ans, j’ai conçu avec une de mes meilleures amies, qui est en passant une jeune femme courageuse et incroyablement douée en danse, un court clip vidéo ( et musical ) de quelques secondes sur deux chansons, dont celle ci : Hit the road jack. Un mélange de mouvements contemporains pour une musique si marquée dans son registre.

Mon article prendra fin ici, sur ces dernières lignes. Dans l’air résonne les dernières notes du vinyle. J’ai vraiment aimé le réaliser, mélangeant mon amour de la musique, mon attrait pour l’histoire et ma passion pour l’écriture ! La piste audio que vous avez pu entendre est très approximative et j’en suis consciente : absolument imparfaite. Chaque commentaire de votre part, chaque critique positive ou négative est une source précieuse de progression alors n’hésitez pas à me faire part de votre avis, autant sur le contenu que sur la forme. Merci encore de prendre le temps de me lire, de m’écouter dès à présent, cet univers qui nous rassemble a encore tant à nous offrir.

Cathy

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